
Vous, de même, vous êtes maintenant dans la douleur,
mais je vous verrai de nouveau : alors votre cœur sera rempli de joie,
et cette joie, personne ne pourra vous l’enlever.
Jean 16.22 (Bible du Semeur)
Si, au milieu des disciples, j’avais été témoin de la résurrection de Jésus, que je me tenais là auprès de Lui, si proche, ma main tendue prête à Le toucher… et que soudain Il disparaissait en remontant au ciel, comme à la croix ce serait une nouvelle séparation, recyclage d’une forme d’abandon …Sans doute aurais-je vécu un schisme intérieur passant de la promesse à l’affliction. J’aurais perçu la même oscillation confuse qui parcourt mon âme : après la proximité, Jésus-Christ s’efface.
Aurais-je retrouvé l’espérance qu’Il avait semée tout au long de son ministère ?
Espérance illuminée par la résurrection et les promesses données avant ce départ.
L’ascension pourrait-elle être comparée à un enfantement ?
Dans un sens, oui ! Ce contexte de souffrances suivi de la joie est très bien exprimé chez Pierre :
« Au contraire, réjouissez-vous, car vous participez aux souffrances du Christ, afin d’être remplis de joie quand il paraîtra dans toute sa gloire. 1 Pi 4.13
et le deuxième terme de l’équation ouvre sur une précieuse promesse :
« Je vous verrai de nouveau »
C’est un changement de perspective radical.
Bien sûr, il y eut la tristesse, les disciples d’Emmaüs l’ont éprouvée (Luc 24.17). Cependant, la joie retrouvée est devenue le moteur de leur marche lorsqu’ils ont saisi que le Christ les a rejoints. Ainsi en est-il de l’ascension. Jésus nous l’a expliqué :
« Que votre cœur ne soit pas bouleversé ni effrayé »
Notre lucidité se mue en clairvoyance et s’ouvre sur une nouvelle dimension, une autre contempation : Jésus demeure.
C’est une signature en bas du parchemin de l’alliance. Un serment définitif, non soumis aux aléas de mes humeurs. Par son Esprit, Christ se propose de demeurer au sein même de mes meurtrissures pour les panser, pour les baptiser d’éternité. C’est le sceau de mon existence renouvelée, à la manière d’un nom nouveau.
Alors, de concert avec les disciples d’Emmaüs, je peux publier bien haut la Bonne Nouvelle :
« Si le Christ semble s’effacer, c’est pour que chacun s’engage à sa suite sur le chemin de la foi. Et de là où Il règne avec autorité, Il nous envoie l’équipement dont nous avons besoin pour être ses témoins. »
Marie Claude Vincent Mai 2026

